Le nidrâ-yoga

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Le nidrâ-yoga – État entre veille et sommeil où il y a contact entre les strates du subconscient et de l’inconscient.

Lorsque j’étudiais, avec Shri Mahesh nous abordions cette étape en dehors de la pratique hebdomadaire car nidrâ-yoga n’ai pas systématiquement proposé lors des pratiques de hatha-yoga.

Nidrâ∼sommeil

Yoga∼union ou conscience focalisée.

En sanskrit Yoga-nidrâ signifie Yoga du sommeil. Le sommeil c’est l’espace de notre inconscient. Le Yoga c’est l’union, l’union du corps, du cœur, du mental, et de l’esprit afin de permettre la prise de conscience, d’amener la lucidité, l’observation de ce qui échappe à l’attention. Le nidrâ-yoga est l’infiltration, la pénétration de la conscience dans cette zone obscure, opaque, inerte que représente le sommeil.

Pendant le nidrâ-yoga on peut paraît endormi… seulement la conscience s’ouvre à des niveaux profonds. Nous pouvons dire que nidrâ-yoga nous fait explorer pratyahara et nous mène même aux états de concentration du mental dhârana et peut-être même vers dhyana et samadhi avec ses états supérieurs.

Le nidrâ-yoga a été mis au point par Swami Satyananda Saraswati vers 1940 à partir de pratique traditionnelle très anciennes qu’il a modernisées pour ses contemporains afin de nous en apporter l’essence sans certains rituels. Depuis lors, ce yoga prend de plus en plus d’importance car il est de plus en plus nécessaire. C’est un travail sur l’inconscient dans un état, entre veille et sommeil. L’égo étant assoupi, les émotions suite à des événements qu’on croyait oubliés, remontent. Certains parle de rêves éveillés.

Le nidrâ-yoga permet de faire des ponts entre veille et sommeil. Suite au moment de relaxation yogique, souvent dans la posture de savasana, dans l’immobilité de l’être, dans le relâchement du corps, se diriger vers une conscience plus subtile. Dans un état de rêve  » auto-induit « . Il nous aide à harmoniser le conscient et l’inconscient. Ce « Yoga du sommeil éveillé » met au repos le corps et le mental contrairement à la méditation dans laquelle nous restons en hyper vigilance. Nidrâ yoga agit sur l’inconscient, générant ainsi des effets positifs et concrets. En nidrâ-yoga, l’attention est soutenue d’une façon beaucoup plus dynamique. En écoutant les instructions du professeur la conscience est guidée à travers le corps, sur la respiration, sur diverses images et symboles à un rythme assez vif mais calmement sans oublier le sankalpa (affirmations positives). Ceci entraîne une profonde relaxation. Chaque fois que vous vous perdez dans une pensée ou que vous oubliez ce que vous êtes en train de faire, les instructions vous récupèrent et vous ramènent à la technique. Ainsi, nidrâ-yoga, même pour des débutants, s’avère facile pour entrer en relaxation profonde. Il vaut mieux avoir déjà fait l’expérience de nidrâ-yoga pour mieux apprécier savasana.

Savasana, la « posture du cadavre » peut vous sembler tellement simple que vous vous dites : « bien sûr, j’ai fait ça toute ma vie ». Mais savasana, consistant à être allongé complètement immobile sur le dos, ce n’est pas la même chose que de somnoler sur un sofa.

Dans nidrâ-yoga, le plus difficile au départ est de ne pas s’endormir car en sommeillant, le fil de la conscience est perdu et c’est à la conscience que la pratique est dédiée. A la conscience et à la traversée des différents corps. Tout d’abord au corps physique par la rotation de la conscience dans le corps puis au corps énergétique ou pranique dans le contrôle respiratoire, mental et émotionnel par l’évocation d’images rapides et émotionnelles, psychiques ou corps de rêve par l’évocation d’images symboliques, et de lumière par l’ouverture à la méditation avec les symboles. D’une durée de vingt à quarante minutes, la séance se déroule sur un canevas bien défini :

La préparation dans la posture de savasana.

La relaxation, La conscience du corps et du sol . D’abord induire l’écouter les bruits et sons extérieurs à la pièce, puis intérieurs à la pièce, d’expérimenter la visualisation paupières closent en visualisant les quatre murs, le plafond le sol de la pièce. Puis ressentir son corps allongé, son corps allongé dans l’immobilité, dans une conscience complète de tout le corps et du sol et également de l’espace occupé par le corps, ressentir les points de contact corps/tête et sol, puis le souffle profond et naturel. C’est le moment où on peut intégrer le mantra.

Le sankalpa ou résolution positive. C’est le moment de répétition en et à soi-même, d’un mot ou d’un ensemble de mots positifs, qui est laissé résonner en soi. Toujours répéter les mêmes mots, attitudes tant que le sankalpa n’est pas réalisé. Cette phrase qui est répétée au début et en fin de yoga-nidrâ correspond à un souhait de progrès individuel ou universel.

La rotation de la conscience : L’attention se concentre sur le corps et la conscience voyage à travers les différentes parties du corps. Cette dernière doit se déplacer aussi rapidement que possible d’une partie du corps à une autre. Ex: prendre conscience du pouce de la main droite, deuxième doigt, troisième…,  énumérer tout le corps. Au début pour éviter que les personnes ne s’endorment, je propose au passage de la rotation de conscience de répéter mentalement la partie du corps.

La respiration. C’est ressentir le flux du souffle, venant des narines, son passage de la gorge au nombril et inversement, sans le forcer. Le compte mentalement à rebours des respirations en suivant la montée puis la descente du souffle ; du nombril à la gorge puis dans l’autre sens. Conscience de la respiration et du compte, le mental est ainsi introverti.

Les sensations. L’expérience des opposés qui va créer l’harmonie. La conscience voyage, traversant l’ensemble de sensations, du corps vers le mental: pesanteur/légèreté puis froid/chaleur et enfin douleur/plaisir. Le but est le suivant: c’est la conscience qui façonne et dirige le ressenti et non les sensations qui s’insinuent dans la conscience.

Espace intérieur. C’est la Concentration sur l’espace vu en face des paupières où du front. Un espace infini… prendre conscience de tous les phénomènes qui s’y manifestent. C’est la manifestation du mental à regarder dans l’attitude du témoin ; être détaché.

Les visualisations rapides. Un certain nombre de choses sont nommées de façon rythmée. Dans l’entraînement, la personne doit essayer de les percevoir parfaitement à tous les niveaux: sensation, conscience, émotion, imagination. «nidrâ-yoga développe ainsi le contrôle des réactions émotionnelles et des pulsions instinctives. L’avancée évolutionnaire se reflète dans le quotidien, en tant qu’amélioration de la clarté perceptive, de la maîtrise émotionnelle avec une compréhension en hausse du sens de sa vie».

Les images symboliques. L’histoire, les images sont sélectionnées en fonction de leur symbolisme universel et des associations puissantes qu’elles suscitent. Le but est d’arriver à une sensation de paix profonde et d’harmonie.

Espace intérieur. Ramener la conscience à cet espace en face des paupières où du front, et laisser le temps d’une longue pause, le mental se reposer dans cette obscurité bienveillante. Rester témoin des manifestations: couleurs, formes, pensées qui défilent.

Le sankalpa ou résolution positive. Le même qu’en début de séance. Le répéter avec force et le laisser résonner en soi.

Fin . Conscience d’une respiration plus extérieure puis du corps sur le sol… Retrouver le mouvement et revenir à la verticale. Récitation du mantra.