Hatha-yoga

 

En Inde, la plus ancienne pratique du yoga doit son développement aux Yoga Sūtras de Patañjali, qui aurait vécu à une date incertaine, entre le IIème siècle av. J-C. et le IVème siècle de notre ère. En réalité, les Yoga Sutras condensent l’essentiel d’une science qui existait bien avant et qui était transmise oralement. Reprenant d’anciennes doctrines mystiques, elles-mêmes puisées dans les Védas et les Upanishads. Il les a intégré au Samkhya (terme sanskrit, qui est connu aujourd’hui comme une école de la philosophie indienne orthodoxe. La pensée ou Darshana du Samkhya visant à la libération complète du cycle des renaissances (samsāra), l’éthique n’est pas sa vocation première. Celle-ci fournit toutefois les conditions préalables à une vie et un esprit emplis de sattva, c’est-à-dire lumineux, sans tâche (tamas), ni passion (rajas).

Le Yoga classique ou Râja-yoga, qui a pour but la libération spirituelle de l’être humain (moksha). Le Hatha-yoga, lui, est une forme plus tardive de Yoga. Le Hatha yoga (devanāgarī: हठयोग), orthographié aussi Haṭha yoga ou ‘’’Hatha-yoga, est une forme particulière de yoga qui a été codifiée en Inde, avant d’atteindre, au XXe siècle, l’Occident.

Le mot yoga vient de la racine sanskrite « Yuj » joindre, qui possède au moins trois sens : « union », « contrôle », « intégration ». L’union résulte du rapprochement de deux choses ; mettre le joug. Le joug étant l’outil qui permet de réunir côte à côte les deux bœufs de l’attelage. Il faut aussi contrôler son animalité. Alors union et contrôle sont inclus dans la troisième approche intégration (samadhi). L’intégration c’est rassembler, placer les choses en équilibre dans une perspective juste. État de concentration profonde dans lequel l’environnement extérieur ne renvoie plus ces stimulus.

L’approche morale du yoga. Il est surtout un état d’esprit qui s’acquiert dans la régularité, et la constance:

  • de la non-violence (l’Ahimsâ) qui stipule de ne pas causer de souffrance à autrui que ce soit en paroles, qu’en pensées, et en actes. Respecter l’autre dans sa différence.
  • de la pureté (Shaucha) qui stipule pureté, purification, honnêteté, correction. Le respect des convictions d’autrui.
  • du détachement (ishvarapranidhâna) qui stipule le lâcher prise. Détachement de l’aspect extérieur des choses, de la dissipation des illusions. Regarder l’existence en face et parvenir petit à petit à lever les voiles d’ignorance qui la recouvrent.

hatha signifie « Ha » : positif, soleil. « Tha » : négatif, lune. Ensemble, hatha-yoga : trait d’union entre le plus et le moins, le soleil et la lune, et l’ensemble des contraires que nous attelons dans la posture, avec le souffle, et  l’esprit.

« yoga » signifie « union », c’est à dire, réunifier toutes les partie et tout les plans de son être. Se relier aux êtres humains, à toute forme de vie, à l’univers. Il apporte une bonne forme physique, régénère les énergies les énergies vitales et procure un sentiment d’apaisement. Le calme et la relaxation ressentis aident à faire face à l’anxiété et au stress. Il remplace les sauts d’humeur et le surmenage par une ouverture du possible.

Dans la posture (asana): «Unis toi au Ciel et à la Terre» avec contrôle du mental, et les trois phases de la respiration (prânâyâma), pour un accueil des énergies subtiles et de la détente intérieure.

« L’étirement est la prolongation de la vie. Quand vous étirez au maximum, vous ôtez les crispations.
« La posture est préventive, elle prépare le terrain à la bonne santé ».

Aphorisme SHRI MAHESH

LE HATHA-YOGA TRADITIONNEL VÉHICULE L’HARMONISATION DE PRINCIPES OPPOSES ET COMPLÉMENTAIRES.

« La pratique occidentale du hatha-yoga se veut une recherche de l’unité de toutes les modalités physiques et psychiques qui composent l’être humain. La pratique met l’accent sur l’expérimentation d’opposés complémentaires, tels : féminin / masculin, mouvement / immobilité, inspiration / expiration, résistance / lâcher-prise. Posture, respiration, méditation, peuvent tour à tour culminer dans la pratique. Avec la maturité et dans une difficulté croissante, elles se combinent par deux : postures/respiration ou postures/méditation, et par trois : postures/respiration/méditation ».
Sans oublier d’intégrer les bandha, mudrâ, écoute du son intérieur et les disciplines de concentration qui forment le troisième et le quatrième degré du Hatha-yoga, le faisant déboucher sur le Râja-yoga avec son aspiration à la Délivrance de l’existence conditionnée.

Conscience de :

  • mobilisation, articulaire, musculaire, des tendons (âsana/posture)
  • circulation d’énergie et contraction (mudrâ/bandha)
  • exercice respiratoire (prânâyâma/souffle vital)
  • exercice de purification (satkriya/nettoyage)
  • exercice du son (bhajan/chant)
  • relaxation yoguique (rotation de la conscience)
  • yoga-nidrâ, rêve éveillé (entre veille et sommeil)
  • concentration, un maximum de concentration dans un minimum d’espace (dhâranâ)
  • méditation, unité du je et de l’être (dhyâna et samâdhi)

L’élève, s’il veut avancé dans sa quête de compréhension et d’union, à partir de son travail corporel, devra percevoir s’atteler d’où une certaine discipline à maîtriser son corps pour accéder aux énergies subtiles.

Alignement du corps et du mental liés par la respiration pour une meilleure présence à soi dans l’instant, dans les instants. Dans notre pratique nous retrouvons les huit étapes ou membres de l’échelle de Patañjali.

Yama : les règles de vie dans la relation aux autres

Niyama : les règles de vie dans la relation à soi.

Âsana : pratique des postures

Prânâyâma : contrôle du souffle, de l’énergie vitale, canalise le mental.

Avec pratyahara nous venons du monde de dehors, extérieur et glissons dans le monde du dedans, intérieur.

Pratyâhâra : l’écoute intérieure, le retrait des sens.

Dhâranâ : Concentrer sur un point précis tout en demeurant détendu. Le mental reste sollicité. La relation entre le sujet et l’objet reste perceptible.

Pour l’apprentissage des enfants, je m’arrête aux six premiers membres de Patañjali.

Dhyâna : méditation, conscience profonde de l’être, ne passe plus par le mental. La relation entre le sujet et l’objet n’est plus perceptible. Il reste cependant la dualité sujet/objet.

Samâdhi : la conscience a traversé l’objet. Il n’y a plus sujet/objet, mais fusion.

Le Samyama est l’accomplissement des trois, le JE disparaît.

Ainsi le hatha-yoga traditionnel s’articule autour des notions d’immobilité dans la rétention du souffle, de verticalité au travers du corps, et d’intériorité dans le souffle et la conscience. En combinant ces trois qualités, nous nous unissons, nous sommes en état de yoga. En nous alliant à Dame régularité, c’est se recentrer dans l’axe de sa personne et redresser sa perspective au quotidien.